08.02.2009

DIMONE - Madame Blanche. Acte II : La Rédemption

Il s'avère que je me suis assez vite sentie coupable d'avoir été incapable d'aligner deux paragraphes cohérents la dernière fois.

L'avantage, c'est que plus ou moins personne ne lit ces textes, j'ai conscience d'écrire uniquement pour moi, j'offre à mon petit égo un habillage de pixels approximatif, un éclairage au néon, et derrière la porte j'en fais ce que je veux. Même recommencer.

Madame Blanche n'est pas le premier album de Dimoné mais il est certainement le plus têtu, un poil hyperactif et sans conteste plutôt précoce, il n'a pas mis longtemps à fuir le berceau pour s'éparpiller plus loin (alors quoi, la métaphore devient fumeuse, vous m'en direz tant, comme si c'était la première fois).

Il est ridicule d'essayer d'avoir une écoute objective du sujet, c'est bien l'une des seules idées utiles que j'aurais retenues de mon cours de scénographie cette année. A partir du moment où une image succède à une autre sur l'écran, chaque spectateur entre ses deux accoudoirs se détache de son voisin, le contenu plus ou moins fourni d'une vie rejaillit et dessine son propre film. Une théorie qui fonctionne tout aussi bien pour les CD et les bouquins, et qui devrait logiquement au passage coller le rôle de critique à la poubelle, pas de bol. Qu'est-ce qui reste ? Le plaisir égoïstement solitaire de donner son petit avis totalement subjectif. Donc je suis pas si hors-sujet ici finalement. Blague à part. Je recentre.

Ma vision, si on veut, inclut trois ans de groupitude incarnée en background, et un certain nombre de concerts, tous différents, tous excellents. Mon point de départ à la première écoute, même si honnêtement, une seule conclusion était acceptable. Dimoné a été gâté sur les deux tableaux, le sens des mélodies et la justesse des mots. Dans mon panthéon perso, ils sont  trois à tenir la tête des redresseurs de plume, Miossec, Romain Humeau, et lui. Pour le peu que j'avais réussi à en tirer, un soir au Huit bondé devant un mojito, nous partageons lui et moi cette première référence. Mais contrairement à d'autres coulés dans le moule, Dimoné a puisé pour alimenter son petit moulin à lui (ok, je vais rétrograder sur les images filées et foireuses, c'est mon péché syntaxique perso). Les textes de Miossec rendent facilement la pluie fine, le tabac froid, les réveils amers, les fonds de bière collants. La tête à l'envers. Pour peu qu'on ferme les yeux, Madame Blanche sent le cuir qui couine sur la peau, les vapeurs ambrées et les boots qui claquent. Les poumons remplis. La tête tourne à peine, les sens doivent rester lucides, surtout, de quoi voir de dessous les paupières, de quoi transpirer la vie. Cette Madame Blanche là a le sourire en coin, le coeur en bandoulière, et paraît-il de sacrées envies de vadrouille. A qui sera sa prochaine cible...

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30.01.2009

LES WAMPAS SONT LA PREUVE QUE DIEU EXISTE

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Je ne cherche certainement pas à innover sur le cas Wampas. Ou plutot le non-cas, en fait. Parce qu'il s'avère que depuis une poignée d'année et l'ouverture du groupe à un public plus large (dont moi, j'avais 15 ans en 2003, de part le fait on m'excusera de ne pas avoir eu de révélation avant), un bon paquet de journalistes tentent d'analyser le pourquoi du comment, avec toujours les mêmes éléments, et toujours les mêmes conséquences directes : qu'est-ce que ça peut bien te faire, de toute manière on s'en fout, casse toi et laisse nous pogoter écouter tranquillou merci. J'en ai encore fait l'expérience le 19 janvier dernier, au showcase Virgin du groupe organisé pour la sortie de l'album. Une sombre courge se baladait avec son cameraman (solidarité avec le pauvre mec qui s'est détruit le dos pour entendre des conneries all day long) et posait à chaque occupant du premier rang les mêmes questions, en substance quelque chose comme (de mémoire) : pourquoi vous aimez Didier Wampas, depuis combien de temps, est-ce que c'est l'esprit rock'n roll punk un peu déjanté ou l'attitude provoc post ado qui vous plait, blablabla. Quand ça a été mon tour, je me suis permis d'informer le gars que ses questions étaient un petit peu pourries quand même et que s'il était là pour voir un seul gus derrière son micro il était mal tombé, là c'est ce qu'on appelle un groupe tu vois mon grand (ça l'a pas fait rire).

Donc, mon avis sur le bidule de manière générale : faut pas chercher, on s'en fout. Dans quel but exactement Didier Wampas a-t-il écrit Chirac en prison, revendication politique ou acte de rebellion ? On s'en fout, sûrement pour faire le con. Pourquoi faire monter toutes ces filles sur scène à la fin du concert ? Ben chais pas, c'est marrant, on s'en fout. Pourquoi citer Kate Moss dans St RéMI, un ras-le-bol face à l'invasion de phasme et de son chanteur de boyfriend à l'époque ? Pèt qu'on s'en fout un peu... Pourquoi écrire Mon petit PD, un message de soutien à la communauté homosexuelle ? Pas besoin de vous faire un dessin. Vous avez pas un peu marre de tous vos pourquoi au bout d'un moment les petits lapins ? Conseil n°1 : arrête la masturbation cérébrale et pointe toi au concert. Conseil n°2 : ta gueule et prend une bière.

Concernant ce nouvel album pour moi c'est comme d'habitude, c'est sympa et ya suffisamment matière à concert là-dedans pour augurer une chouette tournée. Mes préférences d'écoute pour l'instant vont à Elle est où ma loge (souvenir particulier de deux shows dans le sud avec coup sur coup le même groupe  festif insupportable en première partie), Persistance rétinienne et Georges Marchais. La plus belle chanson d'amour a des accents de C'est juste une petite voix et la même efficacité apaisante en live.  Le showcase a montré qu'il est toujours un peu difficile de faire remuer une foule hétéroclite sur de nouveaux morceaux, que rien ne vaut un bon petit coup de Ce soir c'est Noël pour réveiller les troupes, que les Wampas sont le plus grand groupe au monde, et pour le reste ta gueule et reprend une bière.

SORTIE DU JOUR

Produit de qualité chez tous les bons maraîchers.

 

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11.11.2008

Daguerre - Le coeur entre les dents

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Ce coup-ci je crois avoir le droit de dire enfin. Cet album, ça fait huit mois que j'attends de l'avoir entre les mains. Soit depuis le premier contact, le temps de voir Daguerre une poignée de fois, presque toujours des premières parties, et à chaque fois le set trop court laissait un arrière-goût frustrant de ne pas pouvoir prolonger l'écoute chez soi. Alors enfin. Même si jouer un album si longtemps sur la route avant sa sortie, ça a quelques conséquences. Déjà Daguerre pour moi, c'est un groupe, un duo, avec parfois un guitariste additionnel (Oli, excellent et montpelliérain au demeurant, haha) quand on a du bol. J'arrive toujours pas à prendre ça comme un artiste qui s'entoure pour le live. Alors ça sera les Daguerre, et basta. T'façon qui va nier qu'on imagine pas Olivier Daguerre sans Mimi, hein ?

Après, le vrai problème, c'est que je ne peux pas m'empêcher de préférer les morceaux déjà entendus plusieurs fois en live. J'en suis déjà à un certain nombre d'écoutes depuis quatre jours que j'ai la galette et j'y peux rien, j'ai tendance à avoir furieusement envie de zapper les pistes pour d'abord écouter Faut-il, Passager du vent qui est définitivement une bombe, Des histoires, ou Un peu moins con. Par contre, d'autres passent moins bien la comparaison avec les versions concert, comme Le revenant, où je trouve que tout est en trop par rapport au simple guitare-basse auquel je m'étais habituée, j'ai envie de jeter le batteur dehors (et pourtant dieu sait que j'aime Philippe Entressangle). Je me demande aussi pourquoi ils ont fait tourner sur leur myspace pendant plusieurs mois une première version de De l'ivresse (ma préférée en live, et de loin) qui est finalement beaucoup plus épurée et plus efficace que celle de l'album. Et pourtant on rale on rale mais on peut pas lui enlever son talent d'auteur-compositeur, au bonhomme Daguerre, qui a pondu douze des treize morceaux tout seul. Je finirai bien par m'attacher aux quelques-uns un peu mis de côté pour l'instant, déjà commencé avec Time to go, le seul en anglais et guitare-voix, tout pour me plaire, j'avoue. Et quand en plus de ça, je sais déjà à quel point ils sont bons sur scène... Au final, pour écrire ça, je suis en train de réécouter Le coeur entre les dents pour la dixième fois et je me retrouve à chanter tout du long et à compter les jours qui restent jusqu'à la Maroquinerie. Alors...

 

http://www.daguerre.be

http://www.myspace.com/daguerremusic

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