14.03.2009
Plus rien ne s'oppose à la nuit.

Alors oui, c'est pas aussi triste que de perdre quelqu'un for real. Mais j'ai le droit de chouiner juste trois secondes s'il te plaît ? Je l'ai vu sur facebook, plus craignos tu meurs, c'est ça de vivre sans télé ni radio ni journeaux, juste le net. Un lien vers un article du Monde, et tous les pseudos autour, je voulais pas forcément comprendre mais qu'est-ce que tu veux...
Pas née pour Roulette Russe ou Pizza, trop jeune pour Osez Joséphine, Chatterton, même Fantaisie militaire. Rien que pour ça j'ai dû fouiller sur wikipedia. Même pas fan pour de vrai.
Je me souviens de ma première écoute de Bleu Pétrole, et je devrais avoir honte un peu, quand même. Entre minuit et deux heures du matin, très mal calée dans mon siège inclinable, à huit heures de train de La Rochelle, ma banderole robertjohnsonesque serrée sur les yeux pour filtrer les lumières des gares à chaque arrêt. Histoire de pas m'ennuyer au concert du lendemain, quand Bashung ouvrait pour Dionysos et Cali, un peu bancal quand on y pense... en piquant entre le net et les albums de mes parents, j'avais reconstitué un semblant de setlist probable, je m'étais endormie dessus, cette nuit-là... et devant lui, accrochée à la barrière, il n'avait pas joué Résident de la République, j'avais dû garder mes larmes... enfin pas si longtemps... Dylan, la discrète Joséphine, tant de vertiges derrière mes yeux, et le final Night in White Satin, fuck fuck fuck. La plus belle ovation des Francos, dans les dents des deux petites prépubèresBBBrunes dans mon dos que j'avais failli mandaler après un ou deux sifflets pour 'le vieux chiant', quelqu'un l'a fait pour moi... en espérant que les minots à guitares en avaient pris de la graine. Même à l'autre bout de la scène Yann Péchin m'avait retourné l'estomac et le grand truc tout maigre derrière ses lunettes, qui avait été si beau, souriait sans cesse... mon seul concert, l'Huma ne compte pas, j'avais pleuré sous l'écran, après Arno. Une putain d'affiche, encore une. Il a tellement tourné et je l'ai si peu vu...
J'y ai pensé des tonnes de fois parce que merde il est malade, big deal ! Célavietusais. Je sais. Finalement ça ne veut rien dire, en fait, qu'est-ce que ça change là maintenant, quedal. C'est juste con. Mon premier adieu virtuel, je crois, jamais perdu une image avant ça, il y a eu Fred Chichin en choc mais pas aussi fort, pour moi je veux dire... bien sûr.. déjà beaucoup de débats à deux balles sur des sites à deux balles, que le comparer à Brel ou Gainsbourg faut pas pousser... comme si leur mort n'avait pas surélevé la légende... Ouais je suis pas objective, et puis on en reparlera... c'est tout con, des générations vont grandir avec Bashung comme image du passé... j'ai toujours pas compris la vie, je sais, ça me laisse toute vide cette révélation cyclique. Petite conne. Oui, j'ai toujours connu les deux premiers immobiles et glacés alors que lui... j'en sais rien. Je m'en fous.
Et maintenant ils se félicitent sûrement tous de l'avoir porté aux podiums des Victoires en carton, comme s'il en avait besoin, comme s'ils ne l'avaient pas fait à cause de sa peau de poulet tirée, sa peau transparente et ses os pointus, des bras qui tremblent, mais de toute manière quelle importance puisqu'il le méritait. Un album tout pourri j'aurais même été assez con pour raler, cracher. M'ont économisé pas mal de salive, en fait. Pourquoi, tu me visais ?
Je repense à la Rock Party d'Amneville, dernier morceau avant rappels, quand ils ont tous démarré sur La nuit je mens j'ai hurlé, appelé Carine qui l'aime plus que tout, et je n'avais pas le coeur serré, tout tellement flou, en même temps c'est mon premier, mon premier chagrin des projecteurs, je suppose que je m'y ferai... C'est très con, l'enveloppe c'était personne, dans ma réalité, ma réalié physique, mais sa voix c'était un bout de moi. J'aimais une incarnation, de ces petits moments, ces étincelles rougeoyantes dans la poitrine, éphémères mais pas seulement, je vous vivais Monsieur. C'est nul, si je l'avais rencontré je lui aurais rien dit de constructif, juste je vous vis Monsieur, intra-muros jusque là dans mes artères, où ça palpite. Comme tout le monde quoi. Tant de nuits...
Itunes aléatoire n'a pas aggravé mon cas, peut-être juste My Sweet Prince de Placebo, amour séparation perte souffrance, c'est un peu exagéré pour l'occasion mais pourquoi pas, juste maintenant, you are the one... après tout, qui irait nier que Bashung était un prince... Le Prince, le dernier. Ou pas. On s'en fout. Dernières apparitions, touchant dans ses mots plus encore que sa maigreur, merci d'avoir été là jusqu'au bout. Nous public sommes toujours terriblement égoïstes. A cette unique seconde j'assume. Merci.
Je suis très très mauvaise pour écrire à chaud, les doigts qui tremblent quand j'encaisse, mais je voulais laisser sortir un minimum. Ecrire si mal sur un poète c'est un coup à choper un mauvais karma, perdu pas mal de points par ligne, j'en suis sûre Mea culpa, je plaide coupable ignorance, violence et frissons. je suis une petite môme. Qui pleure un géant irréel comme plein de petits mômes ce soir. Ya plus que ça.
00:03 : je viens de voir que poto Sarko a aussi décidé de parler de prince... alors je me doute bien que 1.Personne ne me lit tfaçon et 2.Onsenfout MAIS connaissant mon amour pour Simplet, ya pas à s'étonner de ce petit édit. Bref, aucun lien entre mes mots et les siens. That's all folks.
23:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alain bashung














