16.11.2008

DANIEL DARC + Jim Yamouridis @ Le Plan - 14.11.08

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Si cette review n'a pas tout à fait le même goût que d'habitude, c'est parce qu'elle a à la base été écrite comme épreuve-test pour juger mes capacités à intégrer ou non le Hiboo, alors j'ai essayé, de faire ça moins égoïste, moins moijemoije que d'habitude... au final je suis pas sûre d'y avoir gagné, mais...)

Ce soir est une première, mon inauguration, Daniel Darc sur scène. Il faut dire qu’au fin fond de la province, si on loupe le coche ya rarement de deuxième chance. J’arrive donc sans aucun point de comparaison, juste dans les poches ses deux derniers albums usés jusqu’à la corde, de vagues réminiscences de Taxi Girl et les échos de sa réputation transmis par des connaissances déconfites (quand j’y pense je devrais surveiller mes fréquentations d’un peu plus près).

Quand Jim Yamouridis et son groupe entrent en scène la salle est loin d’être remplie mais l’accueil est bon. Leurs ballades n’ont a priori pas grand chose à voir avec le style de Darc (il semblerait qu’ils aient été invités ce soir par Alice Botté, grand amateur). En tout cas ils ont l’air très à l’aise, sans la pression de vouloir conquérir un nouveau public à tout prix comme un peu trop souvent chez les premières parties (pas mal d’élément masculin ont déjà signé au premier sourire de la très belle contrebassiste). Australien d’origine grecque mais travaillant ici depuis quelques années, Jim Yamouridis parle un bon français, installe le dialogue et réussit à capter l’attention du public en une dizaine de morceaux et le plus simplement du monde.


Le ton est donné dès son arrivée, Daniel Darc a les trois quart de la salle dans sa poche avant même de commencer à chanter. Encore une fois en parfaite novice il m’a paru bien là, content et plutôt en forme, un peu dispersé sans jamais partir trop loin, un peu provocateur, et encore. A droite du maître, le grand Alice Botté aussi flamboyant qu’il sait l’être (message subliminal : Berline sera au Cleub le samedi 22), véritable pilier, et qui porte plutôt bien le costume de Bashung sur LUV. On retrouve aussi trois des quatre Asyl, un peu en retrait à côté de l’impressionnant gaucher.

On entendra surtout Crèvecoeur et Amours Suprêmes ce soir, du son qui claque et des moments de grâce, des frissons aussi, des bouts de Nijinski se glissent ici et là, notamment Haute Surveillance, morceau de choix pour ouvrir le bal. On échappe pas à quelques éclats de Taxi Girl qui volent, Daniel Darc a beau jouer la victime contrainte et blasée, le groupe donne l’impression de s’éclater. Et si un synthé reste un synthé, Cherchez le garçon a quand même une autre gueule.

L’équipe est solide, le set bien rodé peut supporter les couacs mineurs et plus touchants qu’autre chose de Darc qui s’embrouille dans ses harmonicas et déconnecte son micro sans que ça perturbe la marche du show, cite William Burroughs, Martin Luther King (et Barack Obama "Yes we can !"), et bien sûr la Bible, jusqu’à Psaume 23 qui clôt le set sur une ovation somme toute assez attendue, et méritée. Des mauvaises langues m’avaient annoncé Arno ou Miossec dans leurs pires moments, peut-être un coup de bol mais moi je n’y ai vu qu’un putain de concert.

 

11.11.2008

Daguerre - Le coeur entre les dents

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Ce coup-ci je crois avoir le droit de dire enfin. Cet album, ça fait huit mois que j'attends de l'avoir entre les mains. Soit depuis le premier contact, le temps de voir Daguerre une poignée de fois, presque toujours des premières parties, et à chaque fois le set trop court laissait un arrière-goût frustrant de ne pas pouvoir prolonger l'écoute chez soi. Alors enfin. Même si jouer un album si longtemps sur la route avant sa sortie, ça a quelques conséquences. Déjà Daguerre pour moi, c'est un groupe, un duo, avec parfois un guitariste additionnel (Oli, excellent et montpelliérain au demeurant, haha) quand on a du bol. J'arrive toujours pas à prendre ça comme un artiste qui s'entoure pour le live. Alors ça sera les Daguerre, et basta. T'façon qui va nier qu'on imagine pas Olivier Daguerre sans Mimi, hein ?

Après, le vrai problème, c'est que je ne peux pas m'empêcher de préférer les morceaux déjà entendus plusieurs fois en live. J'en suis déjà à un certain nombre d'écoutes depuis quatre jours que j'ai la galette et j'y peux rien, j'ai tendance à avoir furieusement envie de zapper les pistes pour d'abord écouter Faut-il, Passager du vent qui est définitivement une bombe, Des histoires, ou Un peu moins con. Par contre, d'autres passent moins bien la comparaison avec les versions concert, comme Le revenant, où je trouve que tout est en trop par rapport au simple guitare-basse auquel je m'étais habituée, j'ai envie de jeter le batteur dehors (et pourtant dieu sait que j'aime Philippe Entressangle). Je me demande aussi pourquoi ils ont fait tourner sur leur myspace pendant plusieurs mois une première version de De l'ivresse (ma préférée en live, et de loin) qui est finalement beaucoup plus épurée et plus efficace que celle de l'album. Et pourtant on rale on rale mais on peut pas lui enlever son talent d'auteur-compositeur, au bonhomme Daguerre, qui a pondu douze des treize morceaux tout seul. Je finirai bien par m'attacher aux quelques-uns un peu mis de côté pour l'instant, déjà commencé avec Time to go, le seul en anglais et guitare-voix, tout pour me plaire, j'avoue. Et quand en plus de ça, je sais déjà à quel point ils sont bons sur scène... Au final, pour écrire ça, je suis en train de réécouter Le coeur entre les dents pour la dixième fois et je me retrouve à chanter tout du long et à compter les jours qui restent jusqu'à la Maroquinerie. Alors...

 

http://www.daguerre.be

http://www.myspace.com/daguerremusic

23:02 Publié dans CD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : daguerre