22.10.2008

CUTE AS A CAT @ Réservoir - 21.10.08

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Ce soir c'est hip hip hip, c'est home qui vient à moi à défaut du contraire, c'est mon montpelliérain préféré à Paris, dans la superbe salle du Réservoir qui en son honneur s'est mise couleur locale - comprendre : il fait chaud.

La soirée - sans alcool vu les prix - commence avec Ruppert Pupkin. Pas trouvé ça très judicieux, leur musique un peu particulière a du mal à m'accrocher les oreilles, même si à leur décharge leur guitariste accidenté les a obligés à revoir leurs plans au dernier moment. Il n'empêche que pas chaude bouillante, l'ambiance est quand même là.

Deuxième groupe ce soir, les alsaciens de Mélissmell aka la claque de la soirée, comme quoi un bon schéma guitare-basse-batterie, quelques extras et une meuf qui sait ce qu'elle fait, et ça démarre. J'ai pensé à Dolly mais je serais incapable de dire pourquoi (à part qu'ils me manquent quoi). Les textes, les sons, l'énergie, on s'interroge pas, c'est un tout, et ça marche. Enorme, et je ne suis pas la seule à le penser, en quelques morceaux ils ont fait lever tout le monde et c'est l'ovation quand ils quittent la scène, on est tous d'accord qu'on en veut encore. Là, on pourrait fortement s'inquiéter pour ceux qui vont suivre. Mais pas moi.

Parce que là, je sais. C'est toujours une vraie délectation, le moment que je préfère (je veux dire, le show étant hors compèt) d'observer un public qui ne connait pas encore Dimoné. Les têtes un peu hébahies quand il arrive. Faut avouer qu'il y a un petit décalage avec ce qu'on nous sert d'habitude. Torse poil (le mot clé ici étant poil) sous un cuir PLUS la moustache, ça demande déjà un temps d'adaptation. Alors quand en plus le type s'agite, balance les bras et les jambes dans tous les sens sans perdre une note pour autant, grimace, secoue la tête, sourit béatement tant qu'il pourrait flanquer la trouille, on se dit qu'il cherche. Et pourtant les gens restent. Parce que cette intro est la plus démente de toutes les ouvertures possibles, l'hameçon ultime, le flash. Jusque là, personne n'a bougé. Le pur test, c'est le morceau qui suit, entrée de Jean-Christophe Sirven et c'est parti. Je sais pas si c'est délibéré, mais Les narcisses, c'est le moment quitte où double, c'est là où on perd du monde. On voit direct ceux qui décrochent, qui se sentent démunis devant cette avalanche qui semble un peu déferler sans queue ni tête dans sa version live. Ils comprennent pas où ça va, ils haussent les épaules et vont s'en griller une. A ce stade-là, on a perdu les non-réceptifs, restent les habitués et les curieux, et c'est énorme de voir la capacité de Dimoné et Jean-Christophe Sirven à embarquer les gens et les balader malgré eux, quand on ne sait pas comment mais on se retrouve à renverser son verre parce qu'on s'est levé trop brusquement pour beugler tout ce qu'on sait sans parvenir à couvrir la guitare qui hurle frénétiquement. Et quand la scène se retrouve vide, j'adore la tête des victimes qui se demandent soudain qu'est-ce qui a pu s'emparer d'eux et les laisser comme hébétés devant un moustachu sans chemise et un petit mec derrière son clavier. Le groove. La qualité de ce qu'on leur a envoyé. Le talent implacable. Je vous épargne la liste complète. Retour des lumières. Là c'est l'autre moment que je préfère (toujours en dehors du concert itself, on s'entend), les conversations après. Parce qu'on s'y attendait tellement. Quand il revient et s'agenouille sur la scène pour enrouler les cables avec de nouveau les fringues et les mouvements d'une personne lambda, les gens ont du mal à faire la superposition immédiate, l'image est toujours la même, à tous les concerts, dans toutes les salles, ils ne le lâchent pas des yeux en se parlant à l'oreille à toute vitesse. Et moi je sais aussi pourquoi Montpellier me manque. Parce que c'est un cran au dessus du reste.

Les deux derniers groupes, j'ai zappé. J'avais mon propre petit air à jouer, le truc qui s'appelle Dernier métro, juste eu le temps de voir quelques morceaux de Vous, mais bon, après Dimoné j'ai du mal à apprécier autre chose alors je vais éviter d'être méchante. Sinon typiquement le genre de soirée où tu te sens très coupable d'avoir eu tout ça à disposition gratos, quand même. Moi en tout cas.